Quelles hormones commandent la grossesse et l’accouchement?
Deux hormones dominent le spectacle : la progestérone et les œstrogènes. La progestérone est une hormone stéroïdienne produite d’abord par le corps jaune de l’ovaire, puis ensuite par le placenta à partir de dix semaines de grossesse. Les œstrogènes, eux, augmentent graduellement tout au long de la grossesse et atteignent leur pic en fin de gestation. Ces deux hormones ne font pas juste « soutenir » votre grossesse – elles la commandent. Elles dictent la façon dont votre utérus se comporte, comment votre bébé se développe et le moment précis où le travail commence. Sans cette orchestration hormonale, aucune grossesse ne serait possible.Le rôle de la progestérone dans le maintien de la grossesse
La progestérone fait un travail remarquable : elle inhibe les contractions rhythmiques de votre utérus et crée ce qu’on appelle le « silence utérin ». Sans cela, votre utérus se contracterait sans arrêt et expulserait le bébé immédiatement. Votre corps jaune sécrète la progestérone au début. À partir de dix semaines de grossesse, le placenta prend le relais et produit des quantités suffisantes. Vous sentez que rien ne bouge, que tout tient – c’est exactement cela : la progestérone verrouille votre utérus. Au fil des mois, ses niveaux augmentent régulièrement pour maintenir ce verrouillage de plus en plus fort à mesure que le bébé grandit. Puis, à la toute fin de la grossesse, quelque chose change. Le taux de progestérone chute brusquement. Ce n’est pas un déclin lent : c’est une dégringolade. Cette chute est le signal qui dit à votre utérus : « Tu peux enfin te contracter. Le travail commence. » C’est le déclencheur du passage de la grossesse à l’accouchement.Comment les œstrogènes préparent l’utérus et le bébé?
Pendant que la progestérone maintient la stabilité, les œstrogènes font le travail de construction. Ils aident votre utérus à croître et s’adapter – de la taille d’une poire à celle d’une pastèque sur neuf mois. C’est un effort musculaire colossal, et les œstrogènes coordonnent cette expansion. En fin de grossesse, les œstrogènes sont au plus haut niveau dans votre circulation sanguine. Ce pic n’est pas accidentel : il aide à développer les organes du fœtus, prépare votre utérus aux contractions, et ramollit votre col pour qu’il puisse s’ouvrir lors de l’accouchement. Les œstrogènes rendent aussi votre utérus plus « sensible » à une autre hormone, l’ocytocine, qui elle va déclencher les vraies contractions de travail.La cascade hormonale lors du passage du travail à l’accouchement
Ce qui se passe au moment du travail est une véritable bascule hormonale. Votre corps ne fait pas juste « commencer » l’accouchement progressivement – il pivote radicalement.- La progestérone s’effondre – le verrou se relâche
- Les œstrogènes restent élevés – l’utérus est sensibilisé
- L’ocytocine monte en flèche – cette hormone provoque les contractions
- Les prostaglandines augmentent – elles ramollissent le col et amplifient les contractions